La doublure (actus Septembre 2026)
Ces deux dernières semaines ont été particulièrement chargées, entre plusieurs gros dossiers réglementaires en Europe et une avalanche de développements sur les marchés prédictifs américains. Plutôt que de tout compresser, j’ai préféré prendre le temps de bien poser chaque sujet, quitte à faire un article plus long que d’habitude. Un fil relie une bonne partie de ces actus : ce qu’on vous montre en premier (un marché régulé, un statut d’exchange financier, un tableau de gains) cache souvent, une fois qu’on gratte, un mécanisme assez différent en dessous. Alors, allons gratter.
Le guide fraude de l’ANJ : qui ça protège vraiment ?
Commençons par le plus dense des dossiers. Fin août, l’ANJ (Autorité Nationale des Jeux, le régulateur français des paris et jeux d’argent en ligne) a publié un guide entier consacré à la fraude commise par les joueurs, un texte qui mériterait clairement un article à part entière dans les semaines qui viennent tant il est riche en cas concrets. Je vous en donne les grandes lignes ici.
Première question à se poser : ce texte sert-il à serrer la vis aux joueurs, ou à cadrer les opérateurs ? À la lecture, c’est clairement la seconde option. Le guide ne crée aucune nouvelle interdiction pour les joueurs, il rappelle une typologie de fraudes qui existait déjà. Ce qu’il fait de nouveau, c’est fixer noir sur blanc ce qu’un opérateur doit être capable de prouver avant de fermer un compte ou de garder un solde : la simple suspicion ne suffit jamais, et même le silence d’un joueur qui ignore les questions de l’opérateur ne constitue pas une preuve en soi. Alors oui, ça reste un texte de “droit souple” sans caractère obligatoire, donc rien ne garantit qu’un opérateur peu scrupuleux va soudainement changer ses pratiques du jour au lendemain. Mais concrètement, ça donne aux joueurs un texte de référence à brandir devant le médiateur des jeux ou un tribunal si un compte se retrouve gelé sans justification solide, ce qui n’était pas si clairement écrit avant.
Le guide détaille cinq grandes catégories de fraude : la fraude à l’identité (la plus fournie, avec six variantes différentes, du faux document à l’usurpation en passant par le partage de compte entre proches), la fraude aux moyens de paiement, la contestation bancaire abusive (un joueur qui approvisionne son compte avec sa propre carte puis fait opposition auprès de sa banque pour se faire rembourser), la triche pendant le jeu (collusion au poker, robots informatiques, matchs truqués) et le “money dumping” (un transfert d’argent déguisé en transfert de jetons entre deux comptes, souvent pour blanchir des fonds ou prêter de l’argent à un autre joueur, ce qui est interdit).
Ce qui rend le texte vraiment utile, c’est l’annexe de jurisprudence qui l’accompagne : une douzaine de décisions de justice réelles, avec le détail des preuves qui ont convaincu (ou pas) les juges. Dans une affaire jugée par le tribunal de Paris, un opérateur a réussi à faire annuler des paris en prouvant que deux comptes s’étaient connectés et déconnectés simultanément à neuf reprises, dont cinq fois depuis un serveur appartenant à un site concurrent. Dans une autre, chez PokerStars, une joueuse qui prétendait avoir remporté seule un tournoi à 150 000 euros ne savait pas ce qu’était un “Spin & Go” (un format de tournoi express) lors du premier appel de vérification de l’opérateur, ignorait qui était l’adversaire qu’elle avait pourtant commenté en direct pendant la partie, et répondait de façon incohérente avec le style de jeu réellement observé sur son compte : la justice lui a donné tort.
Dans un registre voisin mais différent, le GAFI (Groupe d’Action Financière, l’organisme intergouvernemental qui fixe les standards mondiaux de lutte contre le blanchiment) a publié son premier grand rapport sur le secteur des jeux depuis 2009. Attention à ne pas confondre les deux sujets : là où l’ANJ parle de la fraude qu’un joueur individuel peut commettre contre un opérateur, le GAFI regarde plutôt comment des réseaux organisés utilisent le secteur du jeu, casinos et paris sportifs en tête, pour blanchir de l’argent à plus grande échelle, notamment via le cash, les portefeuilles électroniques et les cryptoactifs, en fractionnant les dépôts pour rester sous les seuils qui déclenchent une déclaration obligatoire aux autorités.
Le marché noir, entre gros chiffres et petites manipulations
En Allemagne, une enquête menée par le parquet de Francfort a mis au jour un réseau qui aurait fait transiter environ 5,86 milliards d’euros de mises via des plateformes illégales entre juillet 2021 et fin 2023. Précision importante : il s’agit du montant total misé par les joueurs, pas de ce que les plateformes ont réellement empoché une fois les gains reversés. Le DSWV (l’association allemande des paris sportifs) s’est appuyé sur ce chiffre pour dire qu’une seule affaire judiciaire aussi massive devrait remettre en question les estimations officielles actuelles du marché noir allemand, qui le situent à 23 % du marché total selon la dernière étude datant de 2024. L’association ne propose toutefois pas de nouveau chiffre à la place : elle demande simplement que ces estimations soient revues.
Aux Pays-Bas, un long débat parlementaire a fait émerger un constat rare : pour une fois, tous les partis politiques, de la gauche à la droite, sont tombés d’accord sur la nécessité de durcir la lutte contre les sites illégaux. Le gouvernement travaille désormais sur un mécanisme de blocage DNS (une technique qui empêche techniquement un fournisseur d’accès internet de diriger ses clients vers un site donné), avec une consultation publique prévue début 2027, et s’est engagé à discuter régulièrement avec Meta et Google de la présence de publicités pour des sites illégaux sur leurs plateformes. Dans la foulée, KVA (le label qualité des affiliés néerlandais) a soulevé un problème plus insidieux : quand un internaute néerlandais commence à taper une recherche liée au jeu, Google lui suggère spontanément, via son autocomplétion, des formulations comme “casino en ligne sans Cruks” (Cruks étant le registre national d’auto-exclusion des joueurs), ce qui revient à orienter activement l’utilisateur vers des offres non autorisées avant même qu’il ait fini de taper sa phrase.
Un quart du marché européen en ligne a échappé aux régulateurs
Une étude commandée par Euromat (l’association qui représente les fabricants de machines à sous et de bornes de jeu en Europe) avance un chiffre qui mérite qu’on s’y arrête : le marché noir du jeu en ligne en Europe aurait triplé de taille depuis 2019 et représenterait désormais 12 milliards d’euros de revenu net en 2025, soit un quart du marché du jeu en ligne sur les 28 pays analysés. Attention à ce chiffre de 25 % : il porte uniquement sur le segment en ligne, pas sur l’ensemble du secteur du jeu (casinos physiques compris). Pour donner un ordre de grandeur comparable, le marché européen du jeu en ligne légal pesait autour de 48 milliards d’euros en 2024 (soit 39 % des 123,4 milliards d’euros que pèse le marché total du jeu, en ligne et physique confondus). Les auteurs de l’étude pointent du doigt les politiques fiscales des gouvernements et les contrôles de solvabilité imposés aux joueurs comme principaux facteurs de friction, la cryptomonnaie servant d’accélérateur puisque très peu de marchés européens autorisent aujourd’hui de jouer légalement avec.
Sur la fiscalité justement, sans surprise la France affiche le taux le plus élevé d’Europe, avec 59,3 % du produit brut des jeux (l’argent qui reste à l’opérateur une fois les gains reversés) prélevés sur les paris sportifs en ligne. Mais ce genre de comparaison de taux affichés peut être trompeur si on ne regarde pas sur quoi la taxe s’applique réellement. Exemple donné par Ed Birkin, du cabinet d’analyse H2 Gambling Capital : l’Allemagne affiche un taux qui semble ridiculement bas, 5,3 %, sauf qu’il s’applique aux mises totales et non au revenu net de l’opérateur. Prenons un book qui encaisse 100 millions d’euros de mises et en reverse 90 millions en gains, ce qui lui laisse 10 millions de revenu net : au Royaume-Uni, une taxe de 40 % sur ce revenu net coûterait 4 millions. En Allemagne, une taxe de 5,3 % sur les 100 millions de mises coûterait plus de 5 millions, soit un taux effectif proche de 50 % une fois ramené à la même base de calcul. La façon dont une taxe est construite compte donc au moins autant que le pourcentage affiché.
Le grand ménage version fiscale au Royaume-Uni, et l’exception italo-espagnole
Le Royaume-Uni a fait grimper sa taxe sur le jeu en ligne (la Remote Gaming Duty) de 21 % à 40 % en avril dernier, et les conséquences continuent de tomber. Bet365 vient de confirmer la suppression de 340 postes à Stoke-on-Trent, Malte et Gibraltar, invoquant directement la pression fiscale et réglementaire. L’opérateur rejoint une liste qui s’allonge : William Hill avait déjà fermé 200 boutiques en mars, Betfred 132 en juillet avec 600 emplois supprimés. Chez Flutter (maison mère de Paddy Power), jusqu’à 100 des 506 boutiques du réseau sont désormais en cours de révision pour fermeture, avec 400 emplois menacés, et le groupe chiffre lui-même l’impact de la nouvelle fiscalité à 320 millions de dollars cette année et 540 millions l’an prochain. Une perte nette de 296 millions de dollars a d’ailleurs été enregistrée au deuxième trimestre, contre un bénéfice de 37 millions un an plus tôt. Pour couronner le tout, une nouvelle taxe visant spécifiquement les machines à sous installées dans les boutiques physiques est en discussion, ce qui représenterait un second choc pour des enseignes déjà affaiblies.
Tout n’est cependant pas à sens unique. Entain (maison mère de Ladbrokes et Coral) vient de sortir de l’indice FTSE 100 (qui regroupe les cent plus grosses capitalisations boursières britanniques) après une chute de 37 % de son action en un an, mais les analystes restent étonnamment optimistes à son sujet : la banque UBS la considère comme ayant le meilleur potentiel de hausse théorique du secteur en Europe, et sa direction assume ouvertement vouloir profiter des difficultés de ses concurrents britanniques pour gagner des parts de marché plutôt que de se replier. Et en Italie, Lottomatica a annoncé l’absorption complète de Cirsa dans une fusion entièrement payée en actions, créant un groupe pesant environ 2 milliards d’euros d’EBITDA (l’indicateur de rentabilité avant intérêts, impôts et amortissements). L’intérêt principal de l’opération pour Lottomatica n’est pas tant la taille que le potentiel digital de Cirsa, dont l’activité en ligne ne représente aujourd’hui que 13 % du chiffre d’affaires, contre 65 % pour Lottomatica elle-même : c’est clairement une acquisition de savoir-faire numérique autant qu’une consolidation de taille.
Kalshi devant la Cour suprême : l’argument qui inquiète aussi les casinos classiques
Passons aux États-Unis, où le feuilleton judiciaire autour des marchés prédictifs a franchi une nouvelle étape. Pour rappel rapide, Kalshi (une plateforme qui propose des “contrats événementiels” sur toutes sortes de sujets, y compris des résultats sportifs) se présente comme un marché financier régulé au niveau fédéral par la CFTC (le régulateur américain des produits dérivés), et non comme un opérateur de paris soumis aux lois de chaque État. Fin août, une cour d’appel fédérale a jugé, dans le cas du Nevada, que ces contrats sportifs sont en réalité des paris ordinaires et que l’État a parfaitement le droit de les réguler comme tels, une décision qui contredit frontalement un jugement rendu en avril dans une autre cour d’appel, favorable cette fois à Kalshi dans son litige contre le New Jersey.
Début septembre, le New Jersey a formellement demandé à la Cour suprême de trancher ce désaccord entre les deux cours, avec un argument qui vaut la peine d’être déplié. Kalshi s’appuie sur une loi fédérale (le Dodd-Frank Act, adoptée après la crise financière de 2008 pour encadrer les produits dérivés) qui interdit de négocier un “swap” (un type de contrat dérivé) en dehors d’un marché enregistré auprès de la CFTC. Kalshi soutient que ses contrats sportifs sont précisément ce genre de swap, et que comme sa plateforme est bien enregistrée auprès de la CFTC, les lois anti-jeu des États ne peuvent pas s’appliquer à elle. Le New Jersey retourne l’argument : si un simple pari sur un résultat sportif peut être qualifié de swap dès lors qu’il est vendu sur la bonne plateforme, alors n’importe quel pari classique pris dans un casino ou un sportsbook physique sous licence d’État pourrait, selon la même logique, être qualifié de swap lui aussi. Or ces casinos ne sont pas enregistrés auprès de la CFTC comme le sont les marchés dérivés. Si la définition de Kalshi tenait, tous les paris sportifs pris légalement aux États-Unis depuis 2018 auraient donc techniquement été négociés en violation du Dodd-Frank Act, sans que quiconque, régulateurs compris, ne s’en soit jamais inquiété. Ce raisonnement par l’absurde sert justement à montrer que la théorie de Kalshi ne peut pas être la bonne lecture de la loi. Le compteur de décisions judiciaires rendues dans ce contentieux depuis le début atteint désormais 40, dont 34 favorables aux États plutôt qu’aux plateformes de prédiction.
En parallèle, deux affaires de triche illustrent les dérives possibles du système. L’ancien élu George Santos a été banni à vie de Kalshi et condamné à payer plus de 71 000 dollars pour avoir fait des déclarations publiques volontairement trompeuses sur sa présence à un discours officiel, dans le but de faire bouger le prix d’un contrat qui pariait justement sur cette présence, une manipulation qui lui avait rapporté environ 17 800 dollars avant d’être détectée. Trois autres candidats politiques ont été sanctionnés pour avoir acheté des contrats liés à leur propre élection. Plus surprenant encore : un ancien technicien chargé du téléprompteur de Donald Trump a dû rembourser 172 000 dollars à la CFTC après avoir utilisé les textes de discours préparés, auxquels il avait accès environ une heure avant leur prononciation en public, pour parier sur l’apparition de certains mots précis dans ces discours.
Le vrai bookmaker se cache derrière l’interface
Un long article publié récemment éclaire un aspect moins visible de ces marchés prédictifs. Bernard Marantelli, fondateur de la société de trading White Swan, décrit Kalshi comme un sportsbook classique, à un détail près : la plateforme fait appel à des dizaines de sociétés de trading professionnelles externes (près de 90 sur certaines plateformes) pour fixer les prix et absorber le risque, plutôt que de le faire elle-même en interne. Concrètement, quand un client veut parier sur un match, ce n’est pas nécessairement un autre particulier en face qui prend le pari, comme le laisse penser l’image d’un marché “entre pairs” : c’est souvent l’une de ces firmes professionnelles qui répond, via une interface technique commune, à la demande de prix.
On pourrait penser que l’offre et la demande s’équilibrent spontanément entre parieurs amateurs, mais ce n’est pas le cas en pratique, car à un instant donné il n’y a pas forcément un autre joueur qui veut parier exactement le montant inverse sur la même issue. Pour que le produit fonctionne à grande échelle, avec des prix disponibles en permanence sur des milliers de contrats, il faut quelqu’un capable de répondre à la demande à tout moment, quelle que soit l’offre spontanée des autres amateurs à ce moment précis : c’est le rôle de ces firmes, qui fournissent la liquidité manquante en continu. Résultat, une bonne partie du volume, notamment sur les paris combinés les plus recherchés (le terrain de prédilection de White Swan, qui y représenterait jusqu’à 40 % de l’activité sur certains marchés secondaires), se fait mécaniquement contre des professionnels plutôt qu’entre deux parieurs ordinaires. Kalshi aurait vu sa base de clients multipliée par cinq pendant le Mondial, et le seul marché NFL des prédictions pourrait générer entre 5 et 7 milliards de dollars de passif sur une semaine.
Le vrai chiffre derrière les gains affichés au poker
Terminons par un sujet plus léger mais qui mérite d’être bien expliqué, car la mécanique derrière est facilement mal comprise. Mike Matusow, joueur de poker connu pour ses coups de gueule, répète depuis plus d’un an que les gains affichés par les pros du circuit Triton (une série de tournois très hauts de gamme, avec des droits d’entrée qui peuvent dépasser 100 000 dollars) sont un mirage. Il a récemment nommé Ike Haxton, affirmant que ce dernier aurait en réalité perdu environ 8 millions de dollars malgré des gains officiels de 32 millions.
Sur le chiffre de gains, Matusow se trompe : les bases de données publiques situent plutôt Haxton autour de 23 millions gagnés sur ce circuit. En revanche, sur l’idée d’une perte massive une fois les mises comptabilisées, il n’a pas tort sur le papier : une étude indépendante publiée en juin a calculé que Haxton, une fois qu’on soustrait le montant total de tous les droits d’entrée qu’il a payés pour disputer 434 tournois, affiche un résultat brut de moins 7,72 millions de dollars, ce qui en fait le troisième plus gros perdant net de l’histoire du circuit sur cette mesure précise.
On pourrait objecter que même en tenant compte du partage des mises avec des investisseurs, Haxton devrait rester perdant, proportionnellement, sur sa propre part. C’est vrai en théorie. Sauf que deux éléments changent la donne. D’abord, on ne connaît pas la part réellement conservée par Haxton : s’il n’a gardé qu’un quart ou un dixième de son action sur la plupart de ces tournois (une pratique courante chez les pros à ce niveau, justement pour limiter leur propre exposition), son résultat personnel réel serait une fraction bien plus modeste de ces 7,72 millions. Ensuite, et c’est le point le plus important, les joueurs professionnels ne revendent pas leur participation au prix coûtant : ils appliquent généralement une marge (le “markup”), par exemple en vendant 100 dollars de mise à un investisseur pour 110 dollars. Cette marge est empochée immédiatement, quel que soit le résultat du tournoi, et sur des centaines de participations étalées sur des années, elle peut représenter une somme conséquente, totalement invisible dans les bases de données de tournois qui ne comptabilisent que les mises et les gains bruts. Le chiffre de moins 7,72 millions ne dit donc rien sur ce qu’il s’est réellement passé dans le portefeuille de Haxton : il mesure surtout le volume de tournois qu’il a disputés, pas sa rentabilité personnelle.
Ces deux semaines auront été plus denses que d’habitude, entre l’Europe qui régule et les États-Unis qui plaident, avec une même mécanique répétée sous des formes différentes : un chiffre ou un statut affiché en façade (le taux de canalisation officiel, l’étiquette d’exchange financier, le tableau de gains d’un tournoi) qui, une fois qu’on regarde ce qu’il y a réellement dessous, raconte une histoire assez différente.
Sources
- Guide en matière de lutte contre la fraude par les opérateurs de jeux d’argent et de hasard
- ANJ fraud guide reminds operators that suspicion cannot justify withholding balances
- France tightens operator guidance on player fraud
- FATF publishes new risk indicators for gaming and gambling sectors
- Germany investigates alleged €5.86bn illegal online gambling network
- Dutch parliament united on black market enforcement, government pledges open dialogue with Meta and Google
- KVA flags Google search autocomplete link to illegal online casinos
- Europe’s illegal igaming market has ‘tripled in size’
- Gambling tax rates across Europe: What operators and players pay
- Europe’s gambling revenue by country: Market size, online share and regulation
- Lottomatica to absorb CIRSA in all-share merger creating €2bn EBITDA group
- Bet365 confirms plans to cut 340 jobs in response to UK tax headwinds
- Paddy Power puts up to 100 betting shops under closure review
- Entain removed from FTSE 100 Index, but analysts remain bullish on digital turnaround
- Ninth Circuit Ruling Leaves Winners Vindicated With All Eyes On Supreme Court
- New Jersey Takes Kalshi Sports Betting Fight to Supreme Court
- Former congressman George Santos first to be permanently banned from Kalshi
- Trump Teleprompter Operator Ordered to Pay $172K in CFTC Settlement
- Meet the invisible sportsbook powering the prediction market boom
- Matusow Names Haxton in Poker ‘Fake Earnings’ Row — But is He Right?
